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IA Générale

L’Union européenne interdit les visuels générés par IA dans ses communications officielles

La Commission, le Parlement et le Conseil européens interdisent désormais à leurs services de presse d'utiliser des images ou vidéos entièrement générées par IA. Un choix d'authenticité qui divise les experts.

Drapeaux européens devant un bâtiment institutionnel à Bruxelles
📋 En bref
La Commission, le Parlement et le Conseil européens interdisent désormais à leurs services de presse d'utiliser des images ou vidéos entièrement générées par IA. Un choix d'authenticité qui divise les experts.
  • Une décision commune des trois institutions
  • Un débat entre abstinence et usage responsable
  • Implications pratiques
  • Un précédent pour d'autres gouvernements

Une décision commune des trois institutions

La Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne ont adopté une politique commune : leurs services de presse ne peuvent plus utiliser de contenus visuels entièrement générés par intelligence artificielle dans leurs communications officielles. L’IA reste autorisée pour optimiser des images existantes — amélioration de la qualité, recadrage — mais la création de visuels de toutes pièces est proscrite.

Thomas Regnier, porte-parole de la Commission, a justifié cette décision par la nécessité de préserver « l’authenticité » et « la confiance des citoyens » dans les communications institutionnelles.

Un débat entre abstinence et usage responsable

La mesure ne fait pas l’unanimité. Walter Pasquarelli, conseiller auprès de l’OCDE et chercheur à l’Université de Cambridge, estime que l’UE « manque une occasion de leadership ». Son argument : plutôt que d’interdire, les institutions auraient pu démontrer ce qu’est un usage responsable et transparent de l’IA générative, en s’appuyant précisément sur les obligations d’étiquetage prévues par leur propre AI Act.

D’autres experts saluent au contraire une position de principe. Dans un contexte où les deepfakes prolifèrent et où la désinformation visuelle mine la confiance dans les institutions, interdire les visuels IA dans la communication officielle envoie un signal clair : ce que vous voyez de nos institutions est réel.

Implications pratiques

Concrètement, les équipes de communication des trois institutions devront s’appuyer exclusivement sur de la photographie réelle, des illustrations créées par des graphistes humains ou des images d’archives. Cela implique des délais et des coûts potentiellement plus élevés, notamment pour les contenus publiés sur les réseaux sociaux où le rythme de production est soutenu.

La décision ne s’applique qu’aux communications officielles des institutions. Les États membres, les agences européennes et les organisations associées ne sont pas directement concernés, même si la pression politique pour s’aligner pourrait suivre.

Un précédent pour d’autres gouvernements

L’UE est la première organisation politique majeure à poser une interdiction explicite des visuels IA dans ses communications. Reste à savoir si d’autres gouvernements suivront — ou si cette mesure restera une exception européenne dans un monde où l’IA générative devient l’outil de communication par défaut.

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À propos de l'auteur

Matteo Voss

Journaliste spécialisé en intelligence artificielle depuis 2018, Matteo Voss couvre l'actualité IA au quotidien pour LagazetteIA. Après huit ans de veille technologique dans les télécommunications chez Orange Labs et Bouygues Telecom, il a développé une expertise pointue dans l'analyse des annonces produits, des levées de fonds et des évolutions réglementaires du secteur IA. Son approche : transformer les communiqués techniques d'OpenAI, Google DeepMind ou Anthropic en articles clairs et contextualisés. Il a couvert plus de 500 actualités IA depuis le lancement de LagazetteIA, avec un taux de précision factuelle de 98%. Domaines d'expertise : modèles de langage (LLM), GPU et infrastructure IA, stratégies des Big Tech, régulation européenne de l'IA.