- ▸ Apple parle d'un « schéma de vol » de propriété intellectuelle
- ▸ Chang Liu accusé d'accès après son départ
- ▸ OpenAI dément, IO Products dans la plainte
- ▸ Ce que le procès met en jeu pour les transferts de talents
Apple attaque OpenAI en justice et accuse d’anciens salariés d’avoir emporté des fichiers confidentiels sur des produits non lancés. La plainte nomme Tang Tan et Chang Liu, deux cadres passés du hardware Apple à l’entité IA. Elle vise aussi IO Products, la startup matérielle rachetée par OpenAI en 2025.
Ce qu’il faut retenir – Apple dénonce un « schéma de vol » de secrets commerciaux orchestré par des employés d’OpenAI anciennement chez Apple. – Deux personnes sont nommément visées : Tang Tan, ex-responsable hardware, et Chang Liu. – La plainte englobe IO Products, la société matérielle de Jony Ive absorbée par OpenAI en 2025.
Apple parle d’un « schéma de vol » de propriété intellectuelle
Apple a déposé plainte contre OpenAI, selon The Verge ce 10 juillet 2026. L’entreprise affirme avoir mis au jour « a pattern of theft of Apple’s trade secrets by OpenAI employees who were formerly at Apple ».
La formulation est directe : Apple ne parle pas d’un incident isolé mais d’un procédé répété. Le dossier qualifie la démarche d’« a systematic effort to acquire, retain, and use Apple’s trade secrets to help OpenAI ».
Ce cadrage juridique change la portée de l’affaire. Une fuite ponctuelle relève d’un litige de contrat de travail. Un « effort systématique » ouvre la voie à une action pour appropriation illicite de secrets d’affaires, aux dommages potentiellement bien plus lourds.
Chang Liu accusé d’accès après son départ
Le cœur des reproches vise Chang Liu. D’après The Verge, il aurait accédé aux systèmes d’Apple une fois son contrat terminé, puis copié et transmis des documents internes.
La plainte cite « dozens of Apple’s confidential hardware-related files, including voluminous, detailed information about unreleased products, engineering presentations, technical specifications, and proprietary project data ». Soit des dizaines de fichiers touchant directement le matériel non commercialisé.
Apple pointe aussi des « CAD/design artifacts », les fichiers de conception assistée par ordinateur qui décrivent la géométrie physique d’un appareil. Ce niveau de détail permet, en théorie, de reconstituer un produit avant sa sortie.
Sur Liu, le texte est explicite : « Mr. Liu’s material breaches of his contract are equally clear and deliberate: he accessed, copied, and directed the disclosure of Apple Confidential Information after his employment ended, in direct violation of his post-termination obligations ». Apple insiste sur le caractère volontaire des actes, pas sur une négligence.
L’entreprise décrit une manœuvre « methodically using Apple’s confidential information to benefit OpenAI ». Elle évoque enfin un ciblage direct de son réseau de fournisseurs : « targeting Apple’s prized partner network and supply chain directly ». La chaîne d’approvisionnement, verrou stratégique du hardware Apple, se retrouve nommément dans le viseur.
OpenAI dément, IO Products dans la plainte
OpenAI conteste. Drew Pusateri, porte-parole du groupe, oppose une ligne de défense courte : « We have no interest in other companies’ trade secrets. We remain focused on building innovative technology that empowers people everywhere. »
La plainte ne s’arrête pas aux deux individus. Elle nomme IO Products, la société matérielle cofondée par Jony Ive et rachetée par OpenAI en 2025. Cette acquisition scelle l’entrée d’OpenAI dans le hardware grand public, terrain historique d’Apple.
Le rapprochement des deux éléments — anciens ingénieurs Apple d’un côté, startup hardware absorbée de l’autre — structure l’argument d’Apple. Le groupe soutient que ses procédés confidentiels serviraient à « perform Apple’s proprietary, trade secret processes for OpenAI’s benefit ».
Ce que le procès met en jeu pour les transferts de talents
Au-delà du duel entre deux géants, l’affaire touche une pratique courante de la Silicon Valley : le passage d’ingénieurs d’un employeur à un concurrent direct. Apple défend ici le travail de ses équipes et sa propriété intellectuelle.
Notre lecture : la ligne de crête juridique se joue sur la frontière entre le savoir-faire personnel, qu’un salarié emporte légitimement, et le fichier confidentiel, qui reste la propriété de l’employeur. Les « CAD/design artifacts » cités relèvent sans ambiguïté de la seconde catégorie. C’est ce qui rend la plainte d’Apple offensive plutôt que dissuasive.
Pour OpenAI, engagée dans le matériel via IO Products, un jugement défavorable freinerait l’accès aux talents hardware issus de Cupertino. Le calendrier judiciaire n’est pas communiqué à ce jour.
Les prochaines étapes du dossier
La procédure démarre. Aucune date d’audience n’a été rendue publique. Reste à connaître la réponse formelle d’OpenAI et le périmètre exact des fichiers concernés, non détaillé au-delà des « dozens » évoqués. À lire aussi : OpenAI et son virage matériel après le rachat d’IO Products.



