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AI 2040 : « Plan A » ou 13 ans de sursis avant la bascule

Le collectif derrière AI 2027 prolonge son scénario jusqu'en 2040 et lui adjoint une feuille de route baptisée « Plan A ». Sa proposition tient en une phra

Lourde porte de coffre en acier entrouverte dans un couloir institutionnel, silhouette de dos au loin.
📋 En bref
Le collectif derrière AI 2027 prolonge son scénario jusqu'en 2040 et lui adjoint une feuille de route baptisée « Plan A ». Sa proposition tient en une phra
  • 165 millions de personnes : par quoi s'ouvre un scénario d'IA
  • Pourquoi 2027 est devenu 2040
  • « Plans are worthless, but planning is everything » : ce que vaut le geste
  • Transparence totale : le levier que Plan A actionne

Le collectif derrière AI 2027 prolonge son scénario jusqu’en 2040 et lui adjoint une feuille de route baptisée « Plan A ». Sa proposition tient en une phrase : différer volontairement la superintelligence d’une dizaine d’années grâce à une transparence totale de la recherche, plutôt que de la laisser émerger d’une course dissimulée entre puissances. Ce dossier démonte la méthode, ses ressorts et ses angles morts — trois axes, une seule certitude assumée.

🤖 Transparence IA — Cet article a été rédigé avec l'assistance d'outils d'IA générative à partir de sources primaires identifiées, puis relu et validé par Mohamed Meguedmi, fondateur de LagazetteIA.

Ce qu’il faut retenir 1. Objectif du Plan A : repousser l’atteinte de la superintelligence à 2040, soit environ treize ans après l’horizon 2027 initialement retenu par les auteurs. 2. Mécanisme central : une transparence totale de la R&D en intelligence artificielle, censée permettre aux nations de comprendre ce qui se joue et d’imposer des garde-fous vérifiables. 3. Origine du calendrier : l’horizon 2027 avait été choisi parce que Daniel, coauteur, estimait à environ 50 % la probabilité que les choses aillent au moins aussi vite. 4. Enjeu écarté : sans accord, le scénario initial anticipait l’extinction ou une concentration irréversible du pouvoir. 5. Statut : Plan A relève d’abord de la recommandation stratégique, testée dans un scénario où elle réussit « imparfaitement et de justesse ».

165 millions de personnes : par quoi s’ouvre un scénario d’IA

Le récit d’AI 2040 ne démarre pas sur une courbe de calcul ni sur un nom de laboratoire. Il démarre sur un décompte : « The first is people, 165 million of them », lit-on d’emblée sur le site du projet. Placer l’humain en première position, avant la machine, relève d’un choix de cadrage délibéré. Un exercice de prospective sur la superintelligence aurait pu s’ouvrir sur les puces ou sur les milliards investis. Celui-ci s’ouvre sur une foule.

L’ordre de grandeur mérite qu’on s’y arrête. 165 millions de personnes, c’est la taille d’une population active nationale entière — celle des États-Unis avoisine ce volume. Notre lecture : en posant ce nombre en ouverture, les auteurs signalent que la variable décisive de la décennie n’est pas la performance brute des modèles, mais le sort de celles et ceux qui travaillent. Tout le reste du texte découle de ce déplacement de perspective, du silicium vers le social.

Pourquoi 2027 est devenu 2040

Le titre du premier scénario, AI 2027, n’était pas une prophétie ronde mais un pari de probabilité. Les auteurs l’expliquent sans détour : l’année a été retenue parce que, au moment où l’écriture commençait, Daniel jugeait qu’il y avait « environ 50 % de chances que les choses aillent aussi vite ou plus vite », toujours selon la présentation du projet. Un horizon n’est donc pas une date de livraison. C’est la médiane d’une distribution d’incertitude.

Glisser de 2027 à 2040 ne signifie pas que les auteurs ont révisé leurs modèles à la baisse. Le nouveau texte pose une hypothèse conditionnelle différente : que se passerait-il si l’humanité décidait, collectivement, de ralentir ? Treize années séparent les deux horizons. Ce delta n’est pas cosmétique. Il correspond au temps que le Plan A prétend acheter — une génération de décideurs, deux cycles électoraux américains, l’intervalle nécessaire pour bâtir des institutions de contrôle qui n’existent pas encore.

« Plans are worthless, but planning is everything » : ce que vaut le geste

Une phrase attribuée à Dwight Eisenhower revient comme fil conducteur du projet : « Plans are worthless, but planning is everything. » La citation n’est pas décorative. Elle définit le statut de l’exercice. Personne ne prétend que 2040 se déroulera comme écrit. Ce que défend le texte, c’est la valeur de l’acte de planifier : forcer les décideurs à simuler les branchements, à nommer les points de rupture, à répéter mentalement la crise avant qu’elle n’arrive.

Cette posture change la façon de lire le document. On ne juge pas un scénario prospectif à sa justesse — nul ne peut la vérifier avant l’heure — mais à sa capacité à discipliner la décision. Un plan faux qui a fait réfléchir vaut mieux qu’une improvisation le jour venu. C’est la thèse méthodologique qui sous-tend l’ensemble, et elle mérite d’être distinguée des prédictions chiffrées qui l’accompagnent.

Transparence totale : le levier que Plan A actionne

Le dispositif technique du Plan A repose sur un pivot unique : la transparence intégrale de la recherche et développement en intelligence artificielle. L’accord imaginé par les auteurs prévoit que les travaux ne soient plus conduits à huis clos mais mis en commun, de sorte que « les nations du monde comprennent ce qui se passe et puissent faire respecter des garde-fous », selon les termes du scénario. La logique est celle du contrôle d’armement appliquée au code et aux poids de modèles.

Le raisonnement se tient en trois temps. D’abord, on ne régule que ce qu’on observe : une capacité dissimulée échappe par construction à tout garde-fou. Ensuite, la mise en commun désamorce l’incitation à tricher, puisque l’avance stratégique d’un acteur suppose que les autres ignorent où il en est. Enfin, la publication généralisée transforme une course à somme nulle en un problème de coordination, où chacun a intérêt à ce que le rythme collectif reste maîtrisable.

C’est ici qu’il faut mesurer l’écart entre le scénario initial et sa version prolongée. Le tableau ci-dessous met en regard AI 2027, présenté comme une prédiction, et AI 2040, présenté comme une recommandation testée.

ÉlémentAI 2027AI 2040 (Plan A)
Horizon retenu20272040
Probabilité estimée par l’auteur~50 % que ce soit au moins aussi rapide
Issue anticipéeExtinction ou concentration irréversible du pouvoirPlan A mis en œuvre, imparfaitement mais à temps
Nature du textePrédictionRecommandation testée en scénario
Levier centralTransparence totale de la R&D en IA

La colonne AI 2040 se lit comme une inversion de trajectoire. Là où le premier scénario laissait la dynamique se dérouler jusqu’à ses conséquences, le second introduit une variable de contrôle — l’accord de transparence — et observe si elle suffit à changer l’issue. La réponse du texte est nuancée : elle suffit, mais à la marge, et sans garantie de reproductibilité. Nous y revenons plus bas.

Un point technique reste sous-spécifié dans les sources disponibles à ce jour : la transparence porte-t-elle sur les poids des modèles, sur les protocoles d’entraînement, sur les résultats d’évaluation, ou sur l’ensemble ? La différence est loin d’être théorique. Publier des résultats de sûreté n’expose pas les mêmes risques que publier des poids réutilisables. Le lecteur qui a déjà parcouru notre décryptage de la course aux capacités de calcul reconnaîtra la tension : la transparence qui rassure les régulateurs est aussi celle qui abaisse la barrière à l’entrée pour les acteurs les moins prudents.

Plans B, C, D et S : le spectre des réponses américaines

Plan A n’existe pas seul. Le projet le met en regard de quatre alternatives — B, C, D et S — qui « correspondent aux principales manières dont les États-Unis pourraient répondre (ou non) aux défis de la superintelligence », précise la description du scénario. La formule « ou non » est chargée de sens : l’une au moins de ces branches décrit l’absence de réponse coordonnée, c’est-à-dire le prolongement de la trajectoire actuelle.

Le contenu détaillé de B, C, D et S n’est pas exposé publiquement dans la source consultée ; les assigner un à un relèverait de la conjecture, et nous nous y refusons. Ce que la structure révèle, en revanche, est instructif. En construisant un éventail plutôt qu’une thèse unique, les auteurs assument que la superintelligence est d’abord un problème de choix politique américain, non un destin technologique. La question n’est pas « la superintelligence arrivera-t-elle ? » mais « comment un État y répondra-t-il ? ».

Ce cadrage a une conséquence directe pour un lecteur européen. Placer le curseur sur la réponse des États-Unis, et graduer les scénarios selon leur degré d’engagement, laisse hors champ la capacité d’action des autres puissances. L’Europe, la Chine, les coalitions intermédiaires n’apparaissent que comme des cosignataires implicites de l’accord de transparence. C’est une limite de méthode assumée, pas un oubli.

Extinction ou pouvoir concentré : le risque que Plan A veut écarter

Pour saisir ce que le Plan A cherche à éviter, il faut relire le pronostic du texte fondateur. Dans AI 2027, les auteurs prédisaient que la trajectoire aboutirait « soit à l’extinction, soit à une concentration irréversible du pouvoir ». Les deux issues sont distinctes et méritent d’être séparées.

L’extinction relève du risque de perte de contrôle : un système dont les objectifs divergent de ceux de ses concepteurs, et dont les capacités dépassent celles de ses superviseurs. La concentration irréversible du pouvoir, elle, ne suppose aucune défaillance technique. Elle décrit un scénario où la maîtrise de la superintelligence confère à une poignée d’acteurs — un État, un consortium, une entreprise — un avantage tel qu’aucune contestation ultérieure ne redevient possible. C’est un risque politique, pas un accident.

Le Plan A vise les deux à la fois par le même levier. La transparence réduit le risque de perte de contrôle en multipliant les yeux capables de repérer une dérive ; elle réduit le risque de capture en empêchant qu’un acteur prenne une avance décisive à l’abri des regards. Un seul mécanisme, deux dangers. L’élégance de la construction fait aussi sa fragilité : tout repose sur la crédibilité de la vérification.

Réussir « de justesse » : ce que décrit la version 2040

Le scénario AI 2040 ne se présente pas comme un dénouement heureux et lisse. Le texte l’écrit noir sur blanc : Plan A y est « mis en œuvre avec succès, quoique imparfaitement et seulement in extremis ». Trois qualificatifs, trois avertissements. Le succès n’est ni complet, ni élégant, ni acquis d’avance.

Ce choix narratif est plus honnête qu’un happy end. Un scénario où la coordination internationale fonctionnerait parfaitement serait invraisemblable et donc inutile comme outil de décision. En décrivant une réussite bancale, arrachée au dernier moment, les auteurs collent au registre du planning selon Eisenhower : préparer les esprits à une victoire coûteuse plutôt qu’à un triomphe. Pour un décideur, c’est la différence entre une consigne opérationnelle et un vœu pieux.

Les angles morts d’une transparence décrétée

Reste la question que le dispositif ne tranche pas : comment vérifier qu’un signataire respecte la transparence promise ? Un accord de contrôle d’armement s’appuie sur des inspections physiques d’installations difficiles à cacher. Un entraînement d’IA laisse peu de traces observables de l’extérieur, et un laboratoire déterminé peut maintenir un programme parallèle sans façade visible. Le Plan A suppose résolu le problème même qui a fait échouer la plupart des régimes de non-prolifération : la confiance vérifiable.

Deuxième angle mort, la tension entre recommandation et prédiction. Les mécanismes du Plan A sont des propositions ; les effets décrits — la réussite de justesse, l’issue évitée — sont présentés comme des conséquences quasi prédictives. Or on ne peut pas revendiquer la modestie du « les plans ne valent rien » et, dans le même mouvement, tirer des conclusions fermes sur ce qui adviendra si le plan est suivi. Le texte marche sur ce fil, et le lecteur doit tenir les deux registres séparés.

Troisième point, plus concret : le sort des 165 millions de personnes du premier paragraphe. Le projet glisse un conseil de carrière, formulé presque en passant — « let’s move into [profession] this year ». La phrase révèle un présupposé lourd : dans le monde du Plan A, changer de métier au bon moment devient une compétence de survie. Repousser la superintelligence à 2040 achète du temps aux institutions ; rien ne garantit que ce temps profite également à ceux dont le travail se transforme le plus vite. La transparence entre laboratoires ne dit rien de la protection des travailleurs.

La conséquence pratique est nette. Un plan crédible de sûreté technique peut coexister avec une transition sociale brutale. Les deux problèmes ont des propriétaires différents — chercheurs et diplomates d’un côté, législateurs du travail de l’autre — et le Plan A, focalisé sur la première dimension, laisse la seconde ouverte. C’est là que la lecture d’un dossier de prospective doit se prolonger en politique publique, non s’arrêter.

FAQ

Le Plan A est-il une prédiction ou une recommandation ?

Les deux registres cohabitent, et c’est sa principale ambiguïté. Le mécanisme — transparence totale, garde-fous internationaux — est une recommandation stratégique destinée à tester des politiques. Mais les effets décrits, comme la réussite « de justesse » du scénario 2040, sont formulés comme des conséquences prédictives. Le lecteur doit distinguer ce qui est proposé de ce qui est anticipé.

Qui a participé aux discussions autour d’AI 2040 ?

Selon les sources disponibles à ce jour, les échanges ont associé des experts issus de grandes entreprises américaines d’IA, des responsables politiques et des spécialistes de la sécurité nationale. Le détail nominatif des participants n’est pas communiqué dans la source consultée, qui met en avant le collectif à l’origine du scénario plutôt que des signatures individuelles.

Notre lecture, en trois lignes Plan A vaut moins comme prophétie que comme discipline : il force à nommer les branchements avant la crise. Son levier unique — la transparence totale — désarme la course dissimulée mais bute sur la vérification. Et il traite la sûreté des modèles sans traiter le sort des 165 millions de personnes placées en tête du récit.

Treize ans de sursis, c’est le pari chiffré du Plan A. La vraie question n’est pas de savoir si l’humanité peut ralentir la superintelligence, mais qui, pendant ce délai gagné, se chargera de ceux dont le métier bascule d’ici là.


SourcesAI 2040 : Plan A — présentation du scénario et de la feuille de route, consultée le 11 juillet 2026.

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À propos de l'auteur

Mohamed Meguedmi

Je suis Mohamed Meguedmi, fondateur et directeur éditorial de LagazetteIA. Multi-entrepreneur passionné de tech depuis toujours, j'ai intégré l'IA dans chacune de mes entreprises dès ses débuts. Chaque semaine, je teste des dizaines d'outils IA, compare les modèles et décortique les dernières avancées pour vous donner un avis concret, sans bullshit. Mon objectif avec LagazetteIA : vous faire gagner du temps et vous aider à prendre les bonnes décisions dans cette révolution technologique. La rédaction s'appuie sur des outils d'analyse modernes (incluant l'IA générative) et chaque publication est vérifiée et validée par mes soins avant mise en ligne. Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/mohamed-meguedmi/