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IA et Emploi

Infopro Digital : L’IA menace la qualité éditoriale de La Gazette ?

L'annonce de supprimer dix-neuf postes de secrétaires de rédaction pour les remplacer par des outils d'intelligence artificielle soulève une inquiétude lég

Une bifurcation de rails d'acier au crépuscule, une voie dans l'ombre, l'autre éclairée.
📋 En bref
L'annonce de supprimer dix-neuf postes de secrétaires de rédaction pour les remplacer par des outils d'intelligence artificielle soulève une inquiétude lég
  • Le constat : une rationalisation sous pression
  • La thèse : le risque de déshumanisation du contenu
  • Argument 1 : le fossé entre les bénéfices et la justification sociale
  • Argument 2 : l'expertise humaine contre le résumé algorithmique

L’annonce de supprimer dix-neuf postes de secrétaires de rédaction pour les remplacer par des outils d’intelligence artificielle soulève une inquiétude légitime. Le groupe Infopro Digital, malgré ses bénéfices records, semble privilégier la réduction des coûts au détriment du savoir humain.

🤖 Transparence IA — Cet article a été rédigé avec l'assistance d'outils d'IA générative à partir de sources primaires identifiées, puis relu et validé par Mohamed Meguedmi, fondateur de LagazetteIA.

Une entreprise qui gagne beaucoup d’argent décide d’en dépenser moins. Voilà, résumée en une phrase, l’histoire que je veux vous raconter. Sauf qu’elle en cache une autre. Et cette autre histoire, celle du sens que l’on retire d’un texte quand on retire les humains qui le relisent, personne ne semble vouloir la nommer.

Points clés – Infopro Digital supprime 19 postes de secrétaires de rédaction pour intégrer 5 chefs d’édition assistés par l’IA. – L’intersyndicale conteste le plan et rappelle le rôle indispensable des SR dans la chaîne éditoriale. – Le groupe affiche près de 30 % de marge, ce qui fragilise l’argument de la baisse des tirages. – Aucune charte d’utilisation de l’IA n’encadre l’introduction de ces outils dans les rédactions.

Le constat : une rationalisation sous pression

Les faits, d’abord. Selon l’article publié le 15 mai 2026 par OnePlanete, Infopro Digital a annoncé son intention de supprimer dix-neuf postes de secrétaires de rédaction — les « SR », dans le jargon — pour les remplacer par cinq chefs d’édition aidés par l’intelligence artificielle. Le calcul est brutal dans sa simplicité arithmétique : dix-neuf moins cinq égale quatorze emplois évaporés. Et une fonction, celle du relecteur professionnel, réduite à un rôle de superviseur de machine.

Les journalistes ne l’ont pas accepté en silence. D’après la même source, ils se sont immédiatement insurgés contre une décision prise sans concertation. Le blog du SNESUP Paris 1 Sorbonne, dans un billet du 1er juin 2026 au titre sans ambiguïté — « Adieu les journalistes, bonjour l’IA ! » —, a relayé la même colère. Ce n’est pas un débat abstrait sur l’avenir du métier. C’est un plan social, avec des noms, des postes, des visages. Et une échéance.

Je précise un point de méthode. Cet article ne conteste pas le droit d’une entreprise à se transformer. Il interroge un choix. Un choix qui, présenté comme une modernisation, ressemble surtout à une soustraction.

La thèse : le risque de déshumanisation du contenu

Ma position est nette. Le rôle du secrétaire de rédaction, ce n’est pas seulement de vérifier l’orthographe. C’est une caricature commode, celle qui permet de justifier le remplacement par un correcteur automatique. Les SR apportent un regard humain, une expertise que l’IA ne pourra jamais pleinement remplacer : le sens d’une nuance, la détection d’un contresens juridique, l’oreille qui entend qu’une phrase, techniquement correcte, sonne faux.

Substituer l’IA au SR, ce n’est pas gagner en efficacité. C’est troquer une compétence contre une vitesse. Et faire semblant de croire que les deux se valent.

Argument 1 : le fossé entre les bénéfices et la justification sociale

Venons-en à l’argent, puisque c’est de lui qu’il s’agit. La direction avance une première explication à ce plan : la baisse des tirages papier. L’argument a une apparence de bon sens. La presse écrite recule, les revenus suivent, il faut s’adapter. Qui pourrait le contester ?

Les chiffres, justement. Selon l’intersyndicale citée par OnePlanete, les deux branches d’Infopro Digital affichent des bénéfices rares et jalousés dans le paysage médiatique actuel : près de 30 % de marge. Trente pour cent. Dans un secteur où la plupart des titres de presse luttent pour l’équilibre, où la rentabilité se compte en points d’écart avec le déficit, ce chiffre relève de l’anomalie. Une anomalie enviable.

Voilà où le raisonnement de la direction se fissure. On ne supprime pas quatorze emplois nets pour survivre lorsqu’on dégage une marge de 30 %. On le fait pour l’optimiser. La baisse des tirages est réelle, je ne la nie pas ; mais elle n’est pas une contrainte vitale, elle est un prétexte comptable. La différence est immense. Dans le premier cas, on parle de sauvetage. Dans le second, d’un arbitrage entre le profit d’aujourd’hui et la qualité de demain. Et cet arbitrage, personne ne l’a soumis au débat. Il a été décidé, comme le rappelle OnePlanete, sans concertation avec les rédactions concernées.

Argument 2 : l’expertise humaine contre le résumé algorithmique

Que fait, concrètement, un secrétaire de rédaction ? Le SNESUP Paris 1 Sorbonne le décrit d’une formule que je trouve juste : il est le « dernier filet de sécurité indispensable dans la chaîne éditoriale ». Le dernier. Celui après lequel il n’y a plus personne. La faute, l’imprécision, l’ambiguïté qui passent le SR arrivent chez le lecteur.

Or ce lecteur n’est pas n’importe qui. Les titres d’Infopro Digital, dont La Gazette des communes, sont majoritairement lus par des collectivités. Des professionnels. Des agents publics, des élus, des juristes territoriaux qui prennent des décisions sur la foi de ce qu’ils lisent. Une exigence professionnelle appelle une exigence professionnelle. Un lectorat expert exige une relecture experte.

L’IA sait résumer une dépêche. Elle sait accélérer. Ce qu’elle ne sait pas faire, c’est douter au bon endroit — repérer que ce décret cité s’applique aux communes de plus de 3 500 habitants, pas de moins ; que ce chiffre, plausible, contredit celui du paragraphe précédent. Ce doute-là, cette vigilance contextuelle, n’est pas une tâche. C’est un métier. Et un métier ne se résume pas à ses gestes visibles.

L’objection : l’efficacité économique est incontestable

Je m’oblige, maintenant, à défendre l’adversaire. Car il a un argument, et il serait malhonnête de le taire.

La direction pourrait répondre ceci : l’efficacité n’est pas une insulte. Selon OnePlanete, les cinq chefs d’édition sont sommés d’utiliser l’intelligence artificielle pour travailler plus vite. Traiter davantage de dépêches, en moins de temps, avec moins de personnel. Dans une économie de la presse sous tension permanente, cette recherche de productivité n’est pas absurde. Elle est même, diront certains, la condition de la survie. Refuser tout outil au nom de la tradition, ce serait condamner le titre à long terme.

L’argument se tient. Et pourtant, il oublie le coût caché. Car la même source l’écrit sans détour : la direction souhaite imposer l’IA afin de réduire sa masse salariale — et donc le coût de production de ses revues. L’objectif n’est pas la qualité, il est la marge. L’efficacité invoquée n’est pas au service du lecteur ; elle est au service du bilan. Et quand l’économie réalisée sur la relecture se paie en crédibilité perdue, l’équation cesse d’être rentable. Elle devient un pari. Un pari sur le fait que personne ne remarquera la baisse.

Ce qui est en jeu : la crédibilité d’un lectorat exigeant

Sortons de l’entreprise. Ce qui se joue à Infopro Digital dépasse Infopro Digital.

Les abonnements aux titres du groupe peuvent aller, selon OnePlanete, jusqu’à mille euros par an. Mille euros. On ne paie pas une telle somme pour de l’information brute — celle-ci est gratuite, partout, en abondance. On la paie pour une garantie : celle que ce que l’on lit a été vérifié, pesé, tenu par des professionnels. Un journaliste cité par OnePlanete le dit en quatre mots : « La crédibilité, c’est notre valeur. »

C’est toute la fragilité du modèle. La crédibilité met des années à se construire et un trimestre à s’effriter. Un titre professionnel qui rogne sur sa relecture ne perd pas seulement des correcteurs : il entame le contrat implicite qui justifie son prix. Et ce contrat, une fois rompu, ne se renégocie pas. Il se dénonce, abonnement par abonnement.

Conclusion : choisir entre le profit et la profondeur

Une entreprise qui gagne beaucoup d’argent décide d’en dépenser moins. Je reviens à mon point de départ, parce que c’est là que tout se noue. Ce n’est pas une fatalité économique. C’est un choix, et un choix se conteste.

L’intersyndicale, selon OnePlanete, entend précisément se mobiliser pour conserver les secrétaires de rédaction. « La bataille ne fait que commencer ! », prévient-elle. Elle a raison de la mener. Car derrière ces dix-neuf postes se joue une question qui nous concerne tous, lecteurs compris : voulons-nous d’une presse qui va vite, ou d’une presse en qui l’on peut avoir confiance ? Il me semble que l’on ne peut pas indéfiniment choisir la première en prétendant préserver la seconde.

FAQ

Qu’est-ce que la direction d’Infopro Digital veut faire avec l’IA ?

La direction souhaite remplacer dix-neuf postes de secrétaires de rédaction par cinq chefs d’édition qui utiliseront l’intelligence artificielle pour traiter les dépêches plus rapidement, selon OnePlanete. L’objectif affiché est de réduire la masse salariale et le coût de production des revues du groupe.

Les syndicats ont une position claire sur ce plan social ?

Oui. L’intersyndicale se mobilise pour conserver les secrétaires de rédaction, décrits comme le « dernier filet de sécurité » de la chaîne éditoriale. Elle promet de faire reculer le plan « jusqu’au retrait », selon les déclarations rapportées par OnePlanete le 15 mai 2026.


Cet article est une tribune et reflète l’opinion de son auteur.

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À propos de l'auteur

Mohamed Meguedmi

Je suis Mohamed Meguedmi, fondateur et directeur éditorial de LagazetteIA. Multi-entrepreneur passionné de tech depuis toujours, j'ai intégré l'IA dans chacune de mes entreprises dès ses débuts. Chaque semaine, je teste des dizaines d'outils IA, compare les modèles et décortique les dernières avancées pour vous donner un avis concret, sans bullshit. Mon objectif avec LagazetteIA : vous faire gagner du temps et vous aider à prendre les bonnes décisions dans cette révolution technologique. La rédaction s'appuie sur des outils d'analyse modernes (incluant l'IA générative) et chaque publication est vérifiée et validée par mes soins avant mise en ligne. Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/mohamed-meguedmi/