- ▸ Le tribunal administratif gèle l'autorisation délivrée en décembre
- ▸ Un collectif de riverains à l'origine du recours
- ▸ Pourquoi le juge exige une étude d'impact
- ▸ Un site de 40 MW aux portes de la gare TGV
Le juge des référés de Grenoble a gelé le permis de construire d’un centre de données dédié à l’IA, sur le site de Rovaltain. Faute d’étude d’impact, il retient un doute sérieux sur la légalité de l’autorisation signée en décembre 2025.
Ce qu’il faut retenir – Le permis délivré le 18 décembre 2025 pour le site de Rovaltain, près de la gare TGV de Valence, est suspendu par le tribunal administratif. – Le projet de la start-up marseillaise Sesterce prévoit une puissance initiale de 40 MW, extensible à 80 MW. – Le juge pointe l’absence d’étude d’impact environnemental et une possible non-conformité aux règles d’urbanisme.
Le tribunal administratif gèle l’autorisation délivrée en décembre
Le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a suspendu le permis de construire du projet, dans l’attente d’un jugement au fond. La décision, rapportée le 10 juillet 2026, bloque le chantier sans l’annuler.
Le permis avait été signé le 18 décembre 2025 par le maire d’Alixan, commune de la Drôme. Il portait sur le site de Rovaltain, qui jouxte la gare TGV de Valence. Le porteur du projet est Sesterce, une start-up marseillaise spécialisée dans les infrastructures de calcul pour l’intelligence artificielle.
Un collectif de riverains à l’origine du recours
La suspension découle d’un recours porté par le collectif Assez Datacenters Rovaltain. Il rassemble des riverains et des associations de défense de l’environnement, dont Les Amis de la Terre et Attac.
Le collectif avait saisi le tribunal administratif en invoquant des risques environnementaux et de nuisances qu’il qualifie d’« extrêmement élevés », selon Connaissance des Énergies. Les opposants estiment que le projet, outre des nuisances sonores, est susceptible de provoquer une augmentation des températures dans un périmètre de 200 mètres autour du site.
Ces installations mobilisent de fortes ressources. Un centre de données de ce type « nécessite d’importantes capacités d’alimentation électrique » et dégage une « puissance thermique nominale encore supérieure », relève la décision. Le juge retient qu’il est susceptible « de produire des effets dommageables sur l’environnement ».
Pourquoi le juge exige une étude d’impact
Le motif central de la suspension tient à une absence : celle d’une étude d’impact environnemental préalable. Le juge estime qu’il aurait fallu une telle évaluation pour mesurer « les effets susceptibles d’être produits (…) sur les milieux naturels, les ressources, les nuisances, les émissions ou les risques ».
À ce premier grief s’ajoute une « possible non-conformité aux règles de l’urbanisme ». Le magistrat conclut à « un doute sérieux sur la légalité du permis de construire », formulation qui justifie à elle seule le référé-suspension.
La portée est nette. Tant que le juge du fond n’a pas tranché, aucun terrassement ne peut débuter. Pour un opérateur qui vise l’IA, marché où la capacité de calcul se joue au trimestre, ce gel administratif pèse lourd sur le calendrier.
Un site de 40 MW aux portes de la gare TGV
Le projet visait une puissance initiale de 40 mégawatts, avec une extension possible à 80 MW. À titre de repère, 40 MW correspondent à la consommation instantanée de plusieurs dizaines de milliers de foyers, avant même le doublement envisagé.
La proximité de la gare TGV de Valence donne au dossier une visibilité inhabituelle pour ce type d’infrastructure, souvent implantée à l’écart des zones habitées. C’est précisément cette insertion en milieu fréquenté qui nourrit le contentieux sur les nuisances thermiques et sonores.
Ce blocage illustre la friction montante entre le déploiement des capacités de calcul pour l’IA et le droit de l’environnement français. Les autorisations accordées vite se heurtent désormais à des recours documentés, portés par des collectifs locaux organisés.
Questions fréquentes
La suspension annule-t-elle définitivement le projet ?
Non. Le référé-suspension gèle le permis dans l’attente d’un jugement au fond. Il n’équivaut pas à une annulation. Sesterce conserve la possibilité de compléter son dossier, notamment par l’étude d’impact manquante, et le tribunal se prononcera ensuite sur la légalité de l’autorisation.
Quelles nuisances les opposants pointent-ils précisément ?
Le collectif Assez Datacenters Rovaltain cite deux risques principaux : des nuisances sonores liées au fonctionnement continu, et une hausse des températures dans un rayon de 200 mètres autour du site, conséquence de la puissance thermique dégagée par les serveurs.
Prochaine échéance
Le calendrier du jugement au fond n’est pas communiqué à ce jour. La décision déterminera si Sesterce peut relancer son chantier près de Valence, ou reconfigurer son implantation. À lire aussi : la course aux infrastructures de calcul pour l’IA en France.



