- ▸ Quoi : partenariat Anthropic-Google-Broadcom pour plusieurs gigawatts de TPU sur 2026-2027.
- ▸ Pourquoi c'est fort : Anthropic se libère de la dépendance Nvidia partagée avec OpenAI et Meta.
- ▸ Positionnement : Google verrouille un client massif pour ses TPU, Broadcom décroche un contrat XPU pluriannuel.
- ▸ Chiffre clé : 30+ Md$ engagés sur la durée du contrat selon Reuters, ARR Anthropic projeté 50 Md$ fin 2027.
- ▸ Réserve : plusieurs gigawatts = équivalent 2 réacteurs nucléaires, le débat empreinte carbone va s'intensifier.
Le partenariat Anthropic-Google-Broadcom annoncé fin mars 2026 sécurise plusieurs gigawatts de capacité TPU pour le concepteur de Claude. Une bascule industrielle qui change le rapport de force avec OpenAI et son alliance Microsoft-Nvidia.
Plusieurs gigawatts de TPU : la commande qui rebat les cartes
Anthropic a confirmé un partenariat élargi avec Google Cloud pour l’accès à un million de TPU et plusieurs gigawatts de capacité de calcul, livraison étalée sur 2026 et 2027. Broadcom rejoint le triangle comme fournisseur des puces dédiées et de la connectique réseau optique haut débit. Le montant exact n’est pas public, mais les analystes l’estiment au-delà de 30 milliards de dollars sur la durée du contrat, selon Reuters.
Le calcul est simple : Anthropic affiche 30 milliards de dollars de revenus annualisés en avril 2026 contre 9 milliards fin 2025. Servir cette base d’utilisateurs réclame une infrastructure dédiée plutôt qu’un partage des fermes Nvidia, déjà saturées par OpenAI et Meta. Les analyses de The Information évoquent une montée à 50 milliards d’ARR fin 2027 si la trajectoire actuelle se maintient.
Qui est concerné ?
Les développeurs et entreprises clientes de Claude sont les premiers gagnants. La capacité supplémentaire devrait réduire les files d’attente sur l’API et améliorer la disponibilité de Claude Opus 4.7 et Sonnet 4.6 aux heures de pointe européennes. Les latences observées sur Claude Code étaient remontées de 35 % début avril selon les utilisateurs Reddit r/ClaudeAI.
Les concurrents directs sont aussi concernés. Google verrouille un client massif pour ses TPU v5p et v6, ce qui légitime un peu plus l’alternative aux GPU Nvidia. Broadcom décroche un contrat pluriannuel sur ses puces XPU, valorisant son virage IA. Nvidia, lui, perd un débouché potentiel et reste plus que jamais dépendant d’OpenAI et des hyperscalers américains pour absorber sa production Blackwell B300.
L’équation économique : 30 Md$ d’investissement, quel ROI ?
À 30 milliards d’euros engagés sur trois ans et un ARR projeté à 50 milliards fin 2027 selon les fuites internes relayées par The Information, le ROI brut atteindrait 1,7x sur l’horizon contractuel. Le chiffre exclut les coûts énergétiques, estimés à 4 milliards par an pour faire tourner plusieurs gigawatts en régime permanent.
L’enjeu n’est pas seulement financier. Anthropic verrouille une infrastructure souveraine côté Google, indépendante de l’écosystème Microsoft-OpenAI. La diversification matérielle (TPU + AWS Trainium déjà annoncé en 2025) sécurise la continuité de service en cas de tension géopolitique ou de pénurie GPU. C’est le scénario auquel Microsoft a été confronté en mars 2026 lors de la coupure temporaire de la région Azure East US 2.
Ce que ça change pour le marché européen
Les clients français et européens d’Anthropic, dont plusieurs ETI bancaires et industrielles, devraient voir s’ouvrir de nouvelles régions Google Cloud avec hébergement européen Claude. La conformité au Data Boundary européen reste un argument différenciant face à OpenAI, dont le data residency européen est limité à GPT-4.5 et inférieur, sans garantie sur GPT-5.4.
L’AI Act, applicable à partir d’août 2026, impose la traçabilité du calcul pour les modèles à usage général. Le partenariat Google-Broadcom donne à Anthropic un avantage documentaire : chaîne d’approvisionnement courte, hébergeur identifié, audit possible. Les RSSI des grands comptes français préparent depuis février 2026 leur dossier de conformité ; cette annonce simplifie la documentation.
Reste un angle mort majeur : la consommation électrique. Plusieurs gigawatts représentent l’équivalent de deux réacteurs nucléaires en continu. Le débat sur l’empreinte carbone des LLM ne va pas se calmer, surtout en France où RTE alerte sur la tension du réseau aux pics hivernaux. Anthropic devra publier ses chiffres détaillés pour rester dans les clous des engagements RSE.



