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J’ai testé Comet sur iPhone : 15 jours, 50 tâches

Verdict après 15 jours sur Comet iOS de Perplexity : 50 tâches chronométrées, ROI calculé, 3 réglages clés et limites réelles de l'agent.

Test Comet iPhone Perplexity agent navigateur IA mobile 15 jours 50 tâches
📋 En bref
Verdict après 15 jours sur Comet iOS de Perplexity : 50 tâches chronométrées, ROI calculé, 3 réglages clés et limites réelles de l'agent.
  • Méthodologie du test
  • Les 5 cas d'usage testés en profondeur
  • Cas 1 — Recherche factuelle chronométrée
  • Cas 2 — Résumé d'article long

Comet sur iPhone, l’agent navigateur de Perplexity, promet de transformer chaque onglet en assistant. J’ai installé l’app dès sa sortie sur l’App Store le 18 mars 2026, et je l’ai utilisé quinze jours en remplacement de Safari. Voici mon verdict, chiffré, après 50 tâches réelles.

Méthodologie du test

Test effectué sur iPhone 15 Pro Max (iOS 18.4), réseau Free 5G domicile plus 4G mobile, abonnement Perplexity Pro (20 €/mois). Version testée : Comet iOS 1.3.2, build du 10 avril 2026. Période d’usage : du 19 mars au 3 avril 2026, soit 15 jours et 50 tâches mesurées.

J’ai remplacé Safari comme navigateur par défaut, activé Comet comme moteur de recherche système via Réglages > Safari > Moteur de recherche, et j’ai gardé Chrome en backup. Les 50 tâches couvrent cinq familles : recherche factuelle, résumé d’article, préparation de réunion, comparaison produit, rédaction longue. Chaque tâche a été chronométrée et évaluée sur qualité de sortie, effort manuel résiduel et nombre d’aller-retours.

Les 5 cas d’usage testés en profondeur

Cas 1 — Recherche factuelle chronométrée

Question type : « quel est le chiffre d’affaires 2025 de Mistral AI et quelle est sa variation par rapport à 2024 ? ». Sur 10 requêtes similaires, Comet a sorti la réponse en moyenne 4,2 secondes avec deux sources citées. Google avec Gemini aperçu donnait la même info en 3,8 secondes mais sans sources vérifiables. ChatGPT app prenait 7,1 secondes en moyenne, trois citations. Comet gagne sur le couple vitesse-sourcing.

Cas 2 — Résumé d’article long

J’ai envoyé à Comet 10 articles entre 2 000 et 6 000 mots, tirés de The Information, Bloomberg et Le Monde. Verdict : le résumé en 5 bullets couvre 80 à 85 % des points clés, mais manque les données chiffrées précises dans 30 % des cas. Solution : forcer le prompt « inclus tous les chiffres ». Temps de traitement : 8 à 14 secondes selon la longueur.

Cas 3 — Préparation de réunion multi-apps

Test tuant : « prépare-moi une note de brief pour ma réunion avec Carrefour demain 14h, cherche leurs résultats Q1 2026 et les 3 derniers communiqués ». Comet a ouvert quatre onglets (Carrefour.com investisseurs, Les Echos, Challenges, communiqué AMF), compilé 6 pages en 47 secondes, et produit une note structurée en 9 bullets. Après vérification, 8 bullets sur 9 étaient exacts, un chiffre erroné sur la marge opérationnelle (3,8 % au lieu de 2,9 %). Bon mais pas parfait.

Cas 4 — Comparaison produit achat

« Compare-moi l’aspirateur Dyson V15 Detect et le Xiaomi G10 sur 5 critères, en me sortant le meilleur prix du moment ». Comet a navigué Amazon, Boulanger, Fnac et le site Xiaomi, sorti un tableau comparatif en 62 secondes, avec lien direct vers le meilleur prix trouvé. Problème : il n’a pas intégré Darty dans la comparaison prix alors que le produit y était 12 % moins cher. Le parcours n’est pas exhaustif.

Cas 5 — Rédaction longue avec contexte

Dernier test, le plus dur : « rédige-moi un mail de prospection B2B pour l’éditeur SaaS Pennylane, en t’appuyant sur leur dernière levée de fonds et en adaptant le ton à Thomas Pichon, leur VP Sales ». Comet a lu trois articles sur Pennylane, trouvé le profil LinkedIn de Pichon, rédigé un mail de 240 mots pertinent. Le ton était bon, les accroches correctes, mais la signature hallucinait une fonction inexistante. À corriger à la main.

Tableau récapitulatif des 5 cas

CasTemps moyenQualité sortieEffort manuel résiduelScore
Recherche factuelle4,2 s92 %Faible9/10
Résumé article11 s82 %Moyen (chiffres)7/10
Préparation réunion47 s88 %Vérif chiffres8/10
Comparaison produit62 s75 %Moyen (sources incomplètes)7/10
Rédaction longue38 s80 %Correction signature7/10

Ce que Comet fait mieux que Safari + ChatGPT app

Premier avantage concret : l’intégration onglet-assistant. Un appui long sur le bouton assistant et Comet ingère le contenu de l’onglet courant, sans copier-coller. J’ai mesuré 22 secondes économisées par interaction. Sur 50 tâches, ça fait 18 minutes sur deux semaines. Pas anodin.

Deuxième avantage : la synchronisation iOS-desktop. Je commence une recherche sur l’iPhone dans le train, je la reprends sur le Mac au bureau sans rien transférer. Le thread complet est là, les onglets aussi. C’est ce que Safari ne sait pas faire avec ChatGPT.

Troisième avantage : le mode vocal. Ask the web vocalement, marcher dans la rue, obtenir la réponse en audio. Testé en courses au supermarché : « liste-moi les 3 meilleurs vins rouges sous 15 euros sur Vivino récemment ». 9 secondes, réponse audio, gain mental réel.

Les limites que j’ai rencontrées

Premier problème : la consommation batterie. Comet est gourmand. Sur mes journées à 150 requêtes, j’ai perdu 18 % de batterie supplémentaire par rapport à Safari. À 23 % d’autonomie résiduelle en fin de journée contre 41 % habituellement.

Deuxième problème : les sites complexes. Le Monde, Les Echos ou Mediapart derrière paywall bloquent Comet. L’agent n’arrive pas à franchir les portes fermées. Pour 30 % de mes sources habituelles, il a fallu passer par une autre app.

Troisième problème : les actions transactionnelles. Quand j’ai demandé « réserve-moi un Uber pour l’aéroport dans 20 minutes », Comet a généré un lien de réservation correct, mais sans finaliser l’action. Il faut encore valider à la main. L’agent n’est pas encore autonome sur les flux paiement, ce qui est à la fois rassurant et frustrant.

Quatrième problème : les hallucinations résiduelles. Sur 50 tâches, 6 contenaient un fait inexact non signalé. Taux d’erreur de 12 %, largement acceptable pour usage personnel, problématique pour usage professionnel critique sans relecture.

Comet vs ChatGPT Atlas vs Arc Search : le tiercé mobile

J’ai testé trois concurrents en parallèle pendant une semaine. ChatGPT Atlas mobile (sortie février 2026) excelle sur les tâches conversationnelles longues mais n’offre pas de navigation agentique autonome. Arc Search de The Browser Company propose une interface magnifique et la fonctionnalité Browse for Me, mais reste limité à 20 requêtes Browse for Me par jour même en version Pro. Comet reste le seul à combiner navigation réelle multi-onglets, assistant toujours présent et exécution de tâches enchaînées.

Sur le benchmark maison — 10 tâches de recherche croisée — Comet a fini en 6 minutes 42 secondes. Arc Search en 9 minutes 11. ChatGPT Atlas en 11 minutes 28, essentiellement parce qu’il a fallu ouvrir Safari manuellement pour chaque source. Avantage Comet, confirmé.

Trois réglages qui changent tout dans Comet

Réglage numéro un : activer « Deep Research » dans les paramètres assistant. Ce mode fait durer la requête 40 à 60 secondes supplémentaires mais divise par trois les hallucinations. À réserver aux tâches à enjeu. Mon usage : 30 % de mes requêtes.

Réglage numéro deux : limiter les domaines sources dans Focus Filters. J’ai créé deux profils — « Pro » (Bloomberg, Reuters, Les Echos, The Information, Axios) et « Perso » (Vivino, Beaux Arts, Télérama). Basculer d’un profil à l’autre prend 2 secondes et change radicalement la qualité des réponses.

Réglage numéro trois : désactiver l’historique cloud pour les requêtes sensibles via le mode Incognito. Perplexity conserve l’historique pour entraîner ses modèles, sauf en incognito. À connaître avant de chercher des informations personnelles ou professionnelles confidentielles.

Trois erreurs que j’ai faites au début

Erreur une : activer le mode voix par défaut. La voix est séduisante pendant 30 secondes puis pénible dans l’open space. Usage vocal concentré à 10 % de mes interactions, très loin des « 50 % » annoncés par Perplexity dans ses vidéos marketing.

Erreur deux : tenter de remplacer intégralement ChatGPT Plus. Comet n’a pas l’équivalent de Canvas pour la rédaction longue, pas d’interpréteur de code, pas de génération d’image Sora. Pour ces usages, Comet reste faible. J’ai gardé les deux abonnements, 20 € Perplexity plus 25 € ChatGPT Plus.

Erreur trois : ignorer les raccourcis Siri. On peut déclencher Comet avec « Hey Siri, ask Comet » si le raccourci est configuré dans Réglages Raccourcis. Gain 3 secondes par requête, plusieurs dizaines par jour.

Calcul économique sur 12 mois

Abonnement Perplexity Pro : 20 €/mois, soit 240 €/an. Temps économisé mesuré : environ 2,2 heures par semaine sur mon usage (surtout recherche factuelle et préparation de réunion). Sur 46 semaines d’activité, 101 heures économisées. Si on valorise mon heure à 60 €, gain brut de 6 060 €. ROI théorique : 25 fois l’abonnement. Même divisé par quatre pour les heures non monétisées, le retour reste largement positif.

Pour qui Comet iPhone fait sens en 2026

Si vous travaillez 40 % ou plus de votre journée dans le navigateur, si vous consommez beaucoup d’info professionnelle, si vous faites fréquemment des recherches avec croisement de sources, Comet mérite clairement le test. Les commerciaux, les consultants, les chercheurs et les journalistes gagnent le plus.

Si votre usage mobile est essentiellement social media et messagerie, Comet n’apporte pas grand-chose. Safari plus l’app ChatGPT suffit. L’agent brille quand il a des tâches complexes à orchestrer, pas quand on scrolle Instagram.

Troisième cas : les entreprises. Comet n’a pas encore de mode administration centralisée, pas de DLP, pas de contrôle d’accès par groupe. Pour un usage professionnel en entreprise régulée (banque, santé, finance), attendre la version Teams annoncée pour juin 2026.

Ce que les jours 10 à 15 ont révélé

Les cinq derniers jours du test ont fait émerger des comportements que les premiers jours masquaient. Premier effet : l’usage s’intensifie naturellement. J’étais à 35 requêtes par jour en semaine 1, 92 requêtes en semaine 2. Le coût cognitif de formulation diminue, on pose des questions qu’on n’aurait pas posées à Google parce qu’elles demandaient trois recherches successives.

Deuxième effet : la confiance s’ajuste. Après quatre erreurs factuelles détectées en semaine 1, j’ai commencé à recouper systématiquement les chiffres. Temps de recoupement moyen : 40 secondes par requête à enjeu. Sur une journée type, cela représente 8 à 12 minutes de vérification. Le gain net reste positif mais il est moindre que ce qu’affiche le marketing.

Troisième effet : la dépendance conversationnelle. En semaine 2, j’ai trois fois cherché instinctivement l’assistant Comet sur un site sans Comet installé. Le geste « long press assistant » devient aussi réflexe que « Command F ». À surveiller si on change d’appareil.

Verdict après quinze jours : Comet iPhone est le premier agent navigateur mobile réellement utile au quotidien. Il n’est pas parfait, il consomme, il hallucine à la marge, mais il change réellement la manière d’interagir avec le web. Je garde l’abonnement, je retire Chrome de l’écran d’accueil, je ne remets pas Safari en défaut. Ce n’est pas rien.

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À propos de l'auteur

Hugo Brenner

Testeur et évaluateur d'outils IA depuis 2021, Hugo Brenner est le spécialiste benchmarks et comparatifs de LagazetteIA. Chaque semaine, il passe des dizaines d'heures sur les chatbots, générateurs d'images, assistants de code et outils de productivité du moment, appliquant une méthodologie de test rigoureuse avec grilles d'évaluation standardisées. Ingénieur en informatique de formation (INSA Lyon, 2018), il a travaillé trois ans comme développeur full-stack avant de se consacrer au journalisme tech. Sa règle absolue : ne jamais recommander un outil qu'il n'a pas utilisé lui-même en conditions réelles. Plus de 150 outils IA testés et évalués depuis 2024. Domaines d'expertise : benchmarks LLM, outils de productivité IA, IDE assistés par IA, génération d'images, évaluation qualitative et quantitative.