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IA Générale

Offres pour débutants : -29 % en deux ans, l’IA en cause

Bibliothèque de recherche au crépuscule, silhouette d'un chercheur de dos au fond d'une allée.

Entre janvier 2024 et fin 2025, le nombre d’offres d’emploi destinées aux jeunes diplômés a reculé de 29 % en France, selon une étude de Randstad et de l’Institute of Student Employers relayée par Le Journal du Net. Les grandes entreprises annoncent, elles, une baisse supplémentaire de 7 % de leurs recrutements de jeunes diplômés pour le cycle 2025-2026. Deux chiffres, une même direction : l’entrée sur le marché du travail se resserre au moment précis où l’intelligence artificielle générative s’installe dans les organisations.

Ce qu’il faut retenir
1. 84 % des 18-28 ans français déclarent avoir le goût du travail, un niveau qui contredit le discours ambiant sur une génération désengagée.
2. Les offres pour débutants ont chuté de 29 % entre janvier 2024 et fin 2025.
3. Les grandes entreprises anticipent 7 % de recrutements de jeunes diplômés en moins pour 2025-2026.
4. 79 % des 11-17 ans anticipent que le travail flexible sera la norme d’ici 2040.
5. Plusieurs gouvernements, dont la France, subventionnent déjà l’embauche des jeunes pour compenser la contraction.

Le mythe de la génération désengagée ne résiste pas aux chiffres

Le procès est instruit depuis des années dans les comités de direction : la génération Z travaillerait moins, s’engagerait moins, exigerait plus. Les données disponibles racontent une autre histoire. Selon une étude Ipsos citée par Le Journal du Net, 84 % des 18-28 ans en France déclarent avoir le goût du travail.

Ce chiffre ne s’accorde pas avec le stéréotype du jeune actif désinvesti. Il déplace la question : si l’engagement est là, le problème n’est pas la motivation des candidats mais le volume de portes qui s’ouvrent devant eux. C’est cette bascule d’angle — de la psychologie individuelle vers la mécanique du marché — qui structure le reste du dossier.

Le paradoxe mérite d’être posé clairement. Une classe d’âge qui affiche un goût du travail élevé se heurte à un marché où les postes d’entrée se raréfient. Ce n’est pas une crise de la volonté. C’est une crise de l’offre, concomitante à l’arrivée massive de l’IA générative dans les fonctions de recrutement, de rédaction et d’analyse — les tâches typiquement confiées aux juniors.

Une contraction de 29 % qui ne s’est pas arrêtée en cours de route

Le chiffre central de ce dossier tient en une donnée : -29 %. C’est la baisse du volume d’offres d’emploi pour débutants recensée entre janvier 2024 et fin 2025 par Randstad et l’Institute of Student Employers, une organisation qui suit spécifiquement l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. La période coïncide avec la généralisation des outils d’IA générative dans les entreprises, sans que l’étude établisse un lien de causalité mécanique entre les deux phénomènes — le rapprochement temporel est documenté, pas la chaîne causale complète.

Ce recul ne se limite pas à un ajustement conjoncturel isolé. Il se double d’une deuxième donnée, distincte mais convergente : les grandes entreprises prévoient une baisse de 7 % de leurs recrutements de jeunes diplômés pour le cycle 2025-2026, toujours selon les chiffres relayés par Le Journal du Net. Deux mesures, deux périmètres — l’ensemble du marché des offres juniors d’un côté, les grands groupes de l’autre — qui pointent dans le même sens sans se recouper directement.

IndicateurValeurPériodeSource
Goût du travail déclaré (18-28 ans, France)84 %2026Ipsos, via Le Journal du Net
Baisse des offres pour débutants-29 %Janv. 2024 – fin 2025Randstad / ISE
Baisse des recrutements de jeunes diplômés (grandes entreprises)-7 %Cycle 2025-2026Le Journal du Net
Jeunes anticipant la flexibilité comme norme79 % (11-17 ans)Horizon 2040Le Journal du Net

Ce tableau condense l’essentiel du diagnostic disponible à ce jour. Il ne dit pas tout — les deux études citées ne détaillent pas, dans les éléments rendus publics, la répartition sectorielle de la baisse ni la part imputable spécifiquement à l’automatisation par l’IA générative par rapport à d’autres facteurs conjoncturels. Cette limite mérite d’être posée avant toute extrapolation hâtive.

Pourquoi la contraction frappe d’abord les postes d’entrée

La logique économique qui se dessine derrière ces deux baisses est cohérente avec ce que l’on observe ailleurs dans l’organisation du travail salarié : les tâches les plus standardisées, les plus documentées, les plus répétitives sont aussi les premières concernées par l’automatisation logicielle. Or ce sont précisément ces tâches — synthèse de documents, premiers jets de rédaction, tri et qualification de données, support de premier niveau — qui constituaient historiquement le contenu des postes juniors.

Un poste de début de carrière remplit traditionnellement une double fonction : produire un travail à faible coût pour l’employeur, et transmettre une compétence à l’employé par la pratique répétée de tâches encadrées. Quand l’IA générative absorbe une partie de cette production de premier niveau, le second volet — la fonction formatrice — perd son support naturel. L’entreprise n’a plus nécessairement besoin d’un junior pour produire le brouillon ; elle a besoin d’un profil déjà capable de vérifier, corriger et orienter une sortie d’IA. Ce basculement déplace la barre d’entrée sans forcément supprimer le poste lui-même.

Cette lecture reste une hypothèse structurelle, cohérente avec les deux baisses chiffrées mais non démontrée dans le détail par les données disponibles à ce jour, qui documentent une corrélation temporelle plutôt qu’un mécanisme causal établi poste par poste. Il serait prématuré d’affirmer que l’IA générative explique à elle seule les 29 points de recul. D’autres facteurs — ralentissement macroéconomique, ajustements post-pandémie des effectifs, cycles budgétaires propres aux grands groupes — jouent vraisemblablement un rôle, sans qu’aucune décomposition chiffrée de leur poids respectif ne soit disponible dans les sources consultées.

Ce qui distingue toutefois 2024-2025 des ralentissements précédents du marché de l’emploi des jeunes, c’est la simultanéité avec le déploiement massif des outils d’IA générative en entreprise. La coïncidence temporelle, documentée par les deux études citées, suffit à justifier que la question soit posée publiquement — ce qu’ont fait plusieurs gouvernements, comme le montre la dernière section de ce dossier.

Ce que la baisse des offres change concrètement pour les candidats

Sur le terrain, la contraction du nombre d’offres se traduit par un changement dans la nature même des questions que se posent les jeunes candidats. Le Journal du Net rapporte deux interrogations récurrentes chez les candidats concernés : « Où vais-je acquérir la meilleure expérience ? » et « Suis-je en train de développer les compétences que les employeurs rechercheront demain ? ».

Ces deux questions marquent un déplacement par rapport aux critères de choix traditionnels d’un premier poste — rémunération, notoriété de l’employeur, localisation géographique. Elles indiquent une anticipation du risque d’obsolescence des compétences acquises, à un moment où le contenu même des tâches confiées aux débutants est en cours de redéfinition par les outils d’IA générative. Un candidat qui s’interroge sur « les compétences que les employeurs rechercheront demain » raisonne déjà en fonction d’un marché perçu comme instable, et pas seulement compétitif.

Cette instabilité perçue a une traduction concrète : moins d’offres disponibles signifie mécaniquement plus de candidatures reçues pour chaque poste ouvert, un effet arithmétique direct des deux baisses de 29 % et de 7 % documentées plus haut, même si les études consultées ne publient pas de ratio candidatures-par-poste précis permettant de le chiffrer. Pour un jeune diplômé, l’allongement du temps de recherche d’emploi et la multiplication des candidatures sans réponse deviennent des expériences plus fréquentes, sans que la motivation à travailler — rappelons les 84 % mesurés par Ipsos — en soit la cause.

Le décalage entre engagement déclaré et opportunités disponibles produit un effet de frustration spécifique. Il ne s’agit pas d’un manque de volonté à intégrer le marché du travail, mais d’un goulot d’étranglement à l’entrée, concentré sur une classe d’âge qui, par définition, ne dispose pas encore de l’expérience que la contraction du marché valorise désormais davantage.

Le pari de la flexibilité à horizon 2040

Face à cette contraction du marché tel qu’il fonctionnait jusqu’ici, une partie de la jeunesse ne parie plus sur sa reproduction à l’identique. Selon les chiffres relayés par Le Journal du Net, 79 % des 11-17 ans anticipent que le travail flexible sera la norme d’ici 2040.

Ce chiffre porte sur une classe d’âge qui n’est pas encore confrontée à la recherche d’un premier emploi — elle observe le marché depuis l’extérieur, via l’expérience de ses aînés ou de son entourage proche. Son anticipation vaut moins comme prévision économique rigoureuse que comme indicateur d’un changement de représentation : la norme du contrat à durée indéterminée à temps plein dans une structure unique n’apparaît plus, pour cette tranche d’âge, comme l’horizon par défaut d’une carrière.

Cette anticipation coexiste avec le haut niveau d’engagement mesuré chez les 18-28 ans. Les deux données ne se contredisent pas : on peut avoir le goût du travail — au sens de vouloir produire, contribuer, progresser — tout en n’attendant plus que ce travail prenne la forme organisationnelle qui prévalait pour la génération précédente. La flexibilité anticipée par les 11-17 ans n’est pas un renoncement au travail, mais une reformulation de son cadre attendu, dans un contexte où la structure classique de l’emploi junior est elle-même en cours de transformation sous l’effet conjugué de l’automatisation logicielle et des évolutions des modes d’organisation.

Les gouvernements entrent dans la partie

Face à cette double pression — contraction des offres et scepticisme croissant sur la valeur formatrice des postes d’entrée — plusieurs États ont mis en place des dispositifs de soutien direct à l’embauche des jeunes. En France, un dispositif public offre jusqu’à 4 000 euros par an aux employeurs recrutant des jeunes de moins de 26 ans, selon les informations rapportées par Le Journal du Net. En Espagne, un plan comparable existe également, sans que le détail de son montant ou de ses conditions d’éligibilité soit précisé dans les éléments disponibles à ce jour.

Ces dispositifs partagent une même logique : compenser financièrement, du côté de l’employeur, le surcoût perçu — réel ou anticipé — de l’encadrement d’un profil junior à une période où l’IA générative permet de produire une partie du même travail sans passer par la formation d’un débutant. L’intervention publique ne cherche pas à ralentir l’adoption de l’IA en entreprise ; elle cherche à maintenir ouvert un sas d’entrée sur le marché du travail que la seule logique de rentabilité de court terme tendrait à refermer.

L’existence même de ces dispositifs, dans au moins deux pays européens, constitue en creux une reconnaissance institutionnelle du phénomène documenté par Randstad et l’ISE : sans intervention, le recul des offres pour débutants ne se corrige pas spontanément par le seul jeu de l’offre et de la demande. Reste une question sur laquelle les sources disponibles à ce jour ne permettent pas de conclure : ces subventions ciblées suffisent-elles à compenser un recul structurel de 29 %, ou ne font-elles qu’atténuer temporairement les effets d’une transformation plus profonde du contenu des postes juniors ? Les prochains cycles de recrutement, en France comme en Espagne, apporteront les premiers éléments de réponse.

Deux questions que les chiffres ne tranchent pas encore

Est-ce que l’IA va supprimer tous les emplois juniors ?

Les données disponibles ne permettent pas de l’affirmer. Elles documentent un recul de 29 % du volume d’offres pour débutants entre janvier 2024 et fin 2025 et une baisse anticipée de 7 % des recrutements de jeunes diplômés par les grandes entreprises pour 2025-2026 — une contraction significative, mais pas une disparition. Aucune source consultée n’établit de projection de suppression totale des postes d’entrée.

Quelles sont les attentes principales des jeunes concernant leur carrière ?

Selon les chiffres relayés par Le Journal du Net, 79 % des 11-17 ans anticipent que le travail flexible deviendra la norme d’ici 2040. Chez les 18-28 ans déjà actifs ou en recherche d’emploi, 84 % déclarent conserver le goût du travail malgré la contraction du marché des postes d’entrée : les attentes de forme évoluent, l’envie de travailler ne recule pas.

Sources citées
L’essor de l’IA et pourquoi les gouvernements du monde entier interviennent pour soutenir la génération Z sur le marché du travail, Le Journal du Net, 13 mai 2026 — étude Ipsos sur le goût du travail des 18-28 ans, étude Randstad / Institute of Student Employers sur les offres pour débutants, données sur les recrutements des grandes entreprises et sur les anticipations des 11-17 ans, dispositifs publics France et Espagne.

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Rédigé avec l'assistance d'outils d'IA générative à partir de sources primaires identifiées, puis vérifié et validé par Mohamed Meguedmi, fondateur et directeur éditorial de LaGazetteIA. Charte éditoriale · Tous ses articles